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LA PERSPECTIVE COMME ELEMENT CENTRALISATEUR DANS L'OEUVRE DE
BXP.
TÎÈN, TRUNG VÀ HÂU CANH TRONG TÁC PHÂM CUA
BXP.

PHÔ MUA.
Ville sous la
Pluie.
Une ville sous la pluie en Asie du Sud-Est.Quoi de
plus banale.Sous le pinceau de BXP, cela l'est moins.Pour donner de la
profondeur à son tableau, le maître "plante" un poteau électrique au beau milieu
et fait travailler notre imagination comme si celui-ci est le sommet d'un
triangle pointé vers celui qui contemple la toile;les ruelles à gauche se
présentent en 2è plan et la profondeur de la toile est facilement
suggérée par la ruelle tournée vers la gauche comme une échappée pour
l'oeil ou une invitation à emprunter cette voie ce que s'empresse de
faire le conducteur de vélo et sa passagère; elle semble étre infinie,
soulignée par la petite silhouette orangée du personnage féminin qui, avec
les maisons du fond, marque le troisième plan du tableau.La pluie
ruisselante sur les trottoirs et l'asphalte de ces petites ruelles, la
gamme chromatique utilisée pour décrire le ciel qui s'éclaircit soudainement est
une impression personnelle de BXP et est tout simplement époustoufflant, ne
sont là que pour ajouter de la magie à cette atmosphère déjà mystérieuse
...tout simplement MONUMENTAL!!!
CHAPUIS
Gérard.

La Pagode TRÂN QUÔC.
Une pagode balayée pour l'Eternité par les
brises du Lac...
On voit à travers ce tableau un souci
d'ordonnancement,une volonté de construction de la part de BÙI XUÂN PHÁI.Le
chemin tournant à gauche, pour donner plus de profondeur à la toile, divise
diagonalement le tableau dans sa partie basse avant de disparaitre,les branches
de l'arbre dépouillées de toute végétation faisant le reste de cette
partition dans la partie haute.N'obéissant pas à la technique dite
chinoise(terme consacré dans l'Art pictural pour signifier la profondeur de la
toile par rapport à une ligne d'horizon placée très haute),l'artiste choisit un
horizon, pleine de verdure, suspendu "entre ciel et terre" en plein milieu
du tableau:tout n'est ainsi qu' équilibre....Le Maitre pressent que d'autres
questions picturales se posent à lui:ainsi,l'arbre enraciné au sol,donne une
stabilité au paysage alors que la rivière définit incontestablement une
dynamique sereine.La solution trouvée ne le satisfait pas.Il craint une formule
trop facile;il faut dorénavant redonner à ce paysage trop sage parceque trop
maitrisé une énergie nouvelle;il faut alors demander à la couleur de construire
par elle méme la toile; à travers le GRIS tumultueux,orageux du ciel incontrolable et
menaçant plane la plénitude de ce lieu de prière:le portique de la Pagode TRÂN
QUÔC,placé au centre de la toile comme un principe du YING et du YANG,tient
captif notre regard et sépare le Réel de l'Intemporel tout en permettant
d'atteindre une dimension plus que spirituelle,un appel à l'apaisement de
l'Ame,le chemin étant la Voie,lien ténu permettant à l'Initié de
communier avec l'Au-delà...
La fin d'une ancienne route et l'ouverture de la
Voie nouvelle vers le détachement de soi...
N'est-ce pas là une
autre manière d'étre peintre impressionniste,tout en symbolisme avec plein de
réalisme?d'étre sur les pas du Maitre d'Aix???
CHAPUIS Gérard.

DÊN VOI PHUC.
Pagode de l'Eléphant
agenouillé.
Phai,grâce à ses questionnements perpétuels sur
l'Art,"s'essaie" à l'impressionisme.Ce tableau,construit sur trois
plans,grand chef d'oeuvre en gestation ou du moins oeuvre de maturité, ici peint
probablement "sur le motif",est de couleur ocre dominante et son vert
feuillage supposent les premières heures chaudes du climat tropical avec un
soleil grandiose qui devrair se lever dans toute sa splendeur;point besoin de la
présence physique de ce dernier pour insuffler de la chaleur sur la place.Seul
le système chromatique propre à l'artiste suffit pour dicter
l'atmosphère.L'éléphant apparemment domestiqué,agenouillé pour garder l'entrée
de la pagode humanise l'endroit.Un paysage à émouvoir et à ressusciter les plus
fatigués.La quiétude du lieu sacré et sa plénitude rappellent la tristesse des
rues de Hà Nôi dont le peintre ne prend pas possession en conquérant mais plutot
en amoureux transi;il a fait de Hà Nôi,nimbée d'une perfection
paradisiaque l'un de ses deux sujets de prédilection,avec quelque chose de
chroniquement dramatique,l'autre véritable centre de gravité de la création du
peintre étant le Chèo,théatre traditionnel vietnamien.Les couleurs vives de
cette toile ne peuvent étre vues qu'avec les yeux du coeur.
On croirait ainsi,que s'établit une
correspondance muette en écho ,empreinte de respect entre Phái et son
illustre ainé,Paul CEZANNE à quelque sept décennies d'écart.
''Je suis le primitif
d'un Art nouveau" ne croyait pas si bien dire CEZANNE en début du XXè
siècle;BXP s'est empressé de suivre le pas.
Ainsi,l'Impressionisme est un coin de la nature vu par un
tempérament,quelque soit la couleur de la peau.
CHAPUIS Gérard.

KY HOA CHÈO.
Croquis d'un Opéra
traditionnel.
L'étude d'un personnage en mouvement se traduit par
une succession de quatre personnages peints différemment et de mieux en
mieux ce qui donne une impression de profondeur;la dernière personne étant
la mieux "habillée" comme un modèle s'approchant du public lors d'un show de
prét-à-porter...(L'imagination place le photographe à droite du ponton lors de
ce défilé de mode venu tout droit des pensées secrètes de l'Artiste, le
manequin évoluant de gauche à droite et se pose timidement dans son costume
traditionnel vietnamien en bout de ponton avant de retourner dans le
pénombre des coulisses)ou,plus terre à terre,une comédienne en train de se
préparer pour une représentation devant un public somme tout populaire,un soir,
dans la cour d'une pagode de village;tout simplement un travail d'orfèvre ou de
vieux artiste rompu à du"GRAND
ART " .
CHAPUIS Gérard.

TRUÓC GIÒ BIÊU DIÊN
.
AVANT LA
REPRESENTATION.
Toujours dans les coulisses
d'un théatre traditionnel vietnamien. Le fond "encre de chine" contraste
avec le personnage principal tout de jaune vétu.Celui-ci doit probablement
se trouver en face de l'unique source de lumière de la pièce pourque la couleur
de sa tunique soit aussi vive: encore une manière de choisir la gamme de
chromatique acérée pour prouver la présence d'une source de lumière sans sa
présence physique.Les épaules arrondies trahissent sa détente ou mieux une
complète relaxation et les yeux mi-clos donnent une impression d'immersion en
douceur dans son rôle ou de répétition mentale du texte à jouer sous peu, en
public.
Le personnage féminin tenant un miroir pour
maquillage nous renseigne sur un proche début de représentation et pour bien
insister sur sa disposition spatiale au second plan, l'artiste peintre ne se
géne pas pour dessiner sans vraiment trop insister sur ces traits de
visage.Les mains, couleur brune(contrairement à la main jaune-orangée du
1er personnage) nous confortent dans l'idée que ce personnage
est réellement plongé dans le pénombre des coulisses.
Et ce n'est plus qu'un jeu
d'enfants pour BXP que de suggérer qu'un personnage occupe
le 3è plan puisque les traits du visage ne sont pas du tout
dessinés.
Une autre manière de créer une impression de
profondeur totale sur une si petite surface...avec des couleurs joliment
choisies contraires aux habitudes de l'artiste peintre.
CHAPUIS Gérard.

BÓNG TÔI HÂU
TRUÒNG.
LA PENOMBRE
DES COULISSES.
La scène se passe dans les coulisses;la toile
présente indubitablement une dualité entre ombre et lumière,est en fait partagée
en trois plans successifs:le premier personnage,haut en couleurs,à l'attitude
hautaine,les yeux fixés au loin,bien concentré comme si le beau rôle
est encore bien installé sur ses épaules largement carrées,semble encore imbibé
des feux de la rampe ou de la source de lumière de la pièce sur sa tunique
bleue(la gamme chromatique est bien choisie par l'artiste pour décrire cet état
de fait) .Un personnage féminin se décoiffant finit par nous renseigner sur
une probable fin de représentation d'un opéra traditionnel vietnamien et un
retour à un quotidien des plus banaux.Les traits du visage de ce personnage
féminin,non dessinés volontairement le mettent au second plan,séparé par
un pan de mur rouge vif d'un troisième personnage
désoeuvré,adossé et immobile là,depuis peut-étre longtemps:l'impression de profondeur est totale
sur une si petite surface...Et si la vie n'est
qu'un jeu de role pictural et de
scène éphémère???
CHAPUIS Gérard.
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