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BÙI XUÂN
PHÁI
"Nguòi làm ban
vói Tranh
Tranh là ban
thân tiên cua Nguòi;
Mua Tranh cho
bîét dât, bîét tròi,
Mua Tranh cho
bîét mông, bîét dòi tiêu nhân."
OFFICIAL "PARTICULAR" WEBSITE ON
BUI
XUAN PHAI'S PAINTINGS
CREATED BY GERARD
CHAPUIS
(FAMILY'S DOCTOR/
GENERAL PRACTITIONER)
MIEUX
VAUT UN EXCELLENT SITE
PARTICULIER QU'UN SITE OFFICIEL
"MI-FIGUE, MI-RAISIN"...
http://thietkewebchophongtranh.blogspot.com/2007/01/hi-ha-vit-nam-nhc-nhi-nn-tranh-gi.html
Bùi Xuân Phái (1920 - 1988)
Sinh và mat tai Hà Noi: 1/9/1920 – 24/6/1988 Quê: Làng Kim Hoàng, xã Vân
Canh, tinh Hà Ðông Tot nghiep khoa Hoi hoa truong Cao dang My thuat Ðông
Duong khoá 1941 – 1946 1996- Giai thuong Ho Chí Minh Trien lam cá nhân
dau tiên và duy nhat lúc còn song tai Hà Noi nam 1984 Chín trien lãm cá nhân
sau khi mat tai Hà Noi: 1999 “Kháng chien và thân the nu” – Hà Noi; “Bùi Xuân
Phái- Tác pham chua trung bày” tai TP.HCM; 1990- "Truu Tuong"1992 “Phái không
pho”; 1993 “Chân dung”; 1998 “Mau thoi gian tai TP.HCM”; 2000 “Nhung chuyen di
thuc te” (Hà Noi); 2003 “Tâm tu nghe thuat” – TPHCM. Tám dau sách: Bùi Xuân
Phái trong suu tap cua Tran Hau Tuan - Hoi hoa Viet Nam duong dai
trong suu tap cua THT (1995); BXP - Pho co - Truu tuong - Tu hoa (1996); BXP -
Cuoc doi và tac pham (1998); BXP -Viet duoi anh dèn dau – 2000; BXP - Nhung
chuyen di thuc te (2002) và BXP – Tâm tu nghe thuat (2003).
Bui Xuan Phai (1920-1988) was
one of the most remarkable, most charming and most unusual figures of Vietnamese
modern art. When he graduated from Frenchcreated Ecole des Beaux Arts
d'Indochine in Hanoi (1925-1945), the world art was in its post-war period, one
of drastic differentiation, Picasso, Mastisse, Leger already ranked among the
classical masters. Europe gave full blast to the trend of lyrical abstractionism
and America to that of expressionist one. All that was taken in by Bui Xuan
Phai, by his heart's eye. And be managed to find his own dimension in the strict
framework of the society and later, his art, like an underground water spring,
spread far and wide and even impregnated alien souls with his sincerity.
On 23rd June 1988 in the evening, Bui Xuan Phai painted
a small, charming self-portrait and wrote underneath it: " The most important
thing is now to stay well, and not be ill". Seven hours later, Phai died of lung
cancer and Vietnam lost one of its greatest and most virtuose painters.
Phai died without having experienced fame. He became
known only in the 1990’s when Vietnam emerged from its isolation. Phai’s world
view was limited to Hanoi, a place he rarely left. His surroundings consisted of
yellow, colonial style houses with green shutters, cyclos, and Café Mai – a
small Café where he enjoyed discussions about art and a place where he produced
scetches while sipping strong Vietnamese coffee.
Exhibitions:
1946: The
National Fine Arts Exhibition
1980: The National
Fine Arts Exhibition
1984: Solo
Exhibition Hanoi
With asiArt since
1994
Abroad: UdSSR, France, Bulgary,
GDR, Cuba, Mongolia
Works in Museums in Hanoi,
Russia, Poland, England, Holland, Belgium, Sweden, Japan, Cuba, France, Germany,
Hongkong, Singapore
PRIZES:
7 Gold Medals The National
Fine Arts Exhibition
1. Prize International
Illustrators CSSR, 1986
1996: Ho Chi Minh Award,
granted by the President of the Socialist Republic of
Vietnam
*_*_*
A l'occasion du 20è
anniversaire de sa mort
(Eté 2008).
L'ETOFFE D'UN GENIE EN PLEINE
SOUFFRANCE.
 
CHÂN DUNG
CON GÁI HOA SI
BÙI TÛYÉT NHUNG.
"On peut avoir un feu ardent dans l'âme et cependant
personne ne vient s'y chauffer.Les passants ne voient qu'un ruban de fumée
s'échappant de la cheminée et ils passent le chemin" disait VAN GOGH de son
vivant pour exprimer sa solitude.
Ainsi était
également la vie de BÙI XUÂN PHÁI de son
vivant.A croire que c'est le lot quotidien des artistes...
Comme cette nuit du 24.06.1988 à 02 heures 40, BÙI
XUÂN PHÁI, vieux lutteur,usé avant l'âge, décide de lâcher prise...en laissant à
la vie le fardeau qu'elle lui a malicieusement légué...
En espérant que pour répondre à son abnégation pour
l'art, sur les murs de la chambre où son corps était étendu,toutes ses dernières
toiles étaient accrochées, formant comme un halo autour de lui et, par la
luminosité ou le génie qu'elles irradiaient, rendaient sa mort encore plus
lamentable pour nous simples humains.
En espérant que comme pour VAN GOGH, près de lui, son
chevalet, son tabouret pliant et ses pinceaux avaient été placés à méme le sol
devant son cerceuil...
En espérant que celui qui est prié de faire le
panégyrique pendant le service funèbre aurait dit, comme pour les funérailles de
VAN GOGH:"C'était un honnéte homme et un grand artiste.Il n'avait que deux
buts:l'humanité et l'art.C'est l'Art qu'il poursuivait...qui assurera sa
survivance".
Comme cette
journée du 27.06.1988, entouré par
des milliers d'admirateurs silencieux,touristes étrangers ou tout
simplement hanoiens désormais orphelins,mais toujours tout seul et de plus en plus seul,BÙI XUÂN
PHÁI franchit en toute simplicité le portique séparant le Réel de
l'Intemporel...Hà Nôi perd un des plus célèbres de ses fils,en silence comme
d'habitude...
Les grands artistes sont toujours au carrefour des
changements phénoménaux sociaux et politiques de leur époque,emportés par le
tourbillon de la force énergique de la masse d'eau,ils tentent d'utiliser leur
Art comme une bouée pour garder la téte hors de l'eau,la plupart étant en
perdition leur vie durant ,ne trouvant pas la bulle d'Oxygène pour vivre
décemment de leur art mais que le public,avide de luttes internes,intenses et
héroïques leur rend hommage juste...avec quelques décennies de retard,si hommage
il y a:le gâchis ne peut étre qu'énorme pour leur vie d'homme.
BÙI
XUÂN PHÁI n'avait pas besoin de connaitre la lutte des classes pour aimer portraitiser le peuple;il n'a connu qu'une société
étatique où la restriction apportée à la liberté d'expression est des
plus sévères mais quà cela ne tienne:puisque le choix des sujets est
controlé,il prend, en silence, presque comme une sorte de résistance passive, la
liberté dans sa créativité puissamment retrouvé dans son expression picturale.BÙI XUÂN PHÁI
ne peut étre que l'homme de son époque car dépassé
par les événements, il ne peut que fondre dans la masse pour se faire oublier
et donc ne peut de ce fait étre un peintre engagé;le seul engagement qu'il a pris, est
un engagement personnel, solitaire,sacerdotal, disciplinaire et pour avoir cru dans la perfectabilité de
l'étre humain, et étre convaincu que tout artiste est
moralement responsable de son art lorsqu'il est doué, il travaille durement
jusqu'à ce que la mort le surprend toujours le pinceau à
la main.
D'une certaine manière, ses ruelles, ses personnages,
ses natures mortes sont aussi des auto-portraits car l'artiste réussit à nous
insuffler une réaction romantique,humaine en somme, qui fait que nous regardons
son art, non pas dans la façon dont il est crée qui est moins important que les
sentiments et la personnalité de l'homme qui la créait.
Ainsi va la
vie; ainsi était sa vie. Il ne reste aujourdh'hui que ses tableaux
comme trace d'une existence de misère, et que les faussaires s'empressent de recopier
comme pour rendre un dernier hommage, à leur manière, faute d'une reconnaissance
universelle, à ce génie en pleine souffrance...
Trang nây
giói thiêu Tác Phâm góc, Kinh Diên cua Bùi Xuân Phái (1920 - 1988) trong Suu
Tâp cua Gérard CHAPUIS.Nhung Tác Phâm nây có dây du hô so Giây Chúng Nhân tính
trung thuc tù gia dình Hoa si cua tung Tác Phâm vói
hình anh.
Cette page présente les oeuvres classiques, originales
de Bùi Xuân Phái(1920 - 1988) dans la collection de Gérard
CHAPUIS.Ces oeuvres ont un dossier avec certificat d'authenticité de la famille
de l'Artiste et photographies.
This
page presents Classic and Genuine Artworks of Bùi Xuân Phái(1920 - 1988) in
the Collection of Gérard CHAPUIS. Each Artwork has Authenticity Certificatr
from the Artist's family and photographies.

PHÔ MUA.
Ville sous la Pluie.
La pluie qui tambourine sur les tombeaux
Est comme
les pleurs d'une âme triste.
La vie, comparable à un jour où le temps est beau,
Est moment merveilleux et fragile s'assombrissant éperdument vite...
***
La seule différence est que Vie et Pluie ne sont pas éternelles,
De méme que la
Mort n'est point éphémère.
La Vie
est comme un rapide battement d'ailes
La Mort
devient souvenir qui perdure d'ère en ère...
***
Il pleut
sur la ville
Avec plein de désespoir...
Quelle
différence y-a-t-il donc entre "Pleurer" et "Pleuvoir"
Puisqu'il pleure dans mon coeur
Avec un
instinct effectivement puéril.
Nicolas CHAPUIS.
Bùi Xuân Phái là hoa si phát hien ra ve dep cua pho co. Voi ông, ve pho duoc làm
nhu mot sinh hoat bình thuong, duong nhu không có ngày nào ông không có nhu cau
ve ve nó. Ông ve pho nhu dang trò chuyen voi nguoi ban tri ky, câu chuyen không
có bat dau cung chang có ket thúc. Ông bat duoc ve dep cua pho co khi ngoi uong
cà phê, khi di bo mot mình trên duong, khi ngoi tram ngâm bên chén ruou trang,
và ca khi dem lai nhung ký uc nhoc nhan cua cuoc doi mình. Ông ve pho trên giay
báo, go, bao thuoc, vo hop diêm, vai bao tai, trên nhung tam toan cang nuot
nà... Pho Hàng Bè, Hàng Buom, Hàng Bac, Nguyen Huu Huân, ngo Gia Ngu, ngo
Gach... da di vào hàng tram buc hoa cua Bùi Xuân Phái, moi buc cam dong nhu chân
dung thân phan mot con nguoi, moi buc pho duong nhu mot lan thay loi nói ve tình
yêu cua ông dành cho Hà Noi.
Pho co qua lang kinh tâm hon
ông buon và dam bac. Pho cua Bùi Xuân Phái luôn lang le. Dù là pho ve dêm hay
ban ngày, pho có nguoi, có quán hay dôi khi chi là nhung nét run ray thì van im
lìm nhu không nguoi. Mot ông do già che ô, mot phu nu dáng tat ta di qua khung
cua nhìn xiên, dam nguoi trong quán trà quanh vang bên via hè... dó là nhung
"nét dong" khe khe không du thuc pho khoi giac mo êm dem... Nhung da có thoi,
nhung buc tranh pho co cua ông bi nhìn nhan là vô bo. Trien lam Hà Noi hàng nam,
tranh pho tham du cua ông deu bi loai. Ông van biet tranh ông se bi loai, nhung
là hoi vien Hoi Van Nghe thì bat buoc phai có tranh. Tu tay ông cam tranh ve thì
thay kho tâm và tui, nên Bùi Thanh Phuong thuong thay bo làm công viec "cuc
chang da" này. Ngay ca mang tranh ve Chèo, mot gia tài vô giá cua hoi hoa Viet
Nam, cung da tung bi tu choi công nhan. Mac dù vay, ông van diem tinh ve, doc
lap, kiên dinh voi quan niem nghe thuat cua mình. Hoa si Bùi Thanh Phuong nói:
"Tôi thuong ông vì ông luôn là nguoi cô doc trong tinh than, ông không chia se
duoc tu tuong voi ai. Chac chan bo tôi ý thuc duoc ve tài nang cua mình, nên ông
cu lang le can dam trên con duong doc dao".
Ði giua Hànoi,nguoi ta có the chi tay vào mot góc pho nho nào day,nhà
cua don nép vào nhau,lang le duoi mot duong vien cham chap,gap ghenh cua mái
roi bâng quo dâu dó mot bóng nguoi qua duong,hay mot chiec xích lô doi khách duoi
nhung ô cua toi sam,mà bao rang :"Trông Bùi Xuân Phái qua!". Cung nhu nguoi ta
có the ngam nhìn o nhung neo duong Montmartre hay o ngoai ô Paris mot vat tuong già nua
bóc vay,mot giáo duong vang lang voi vài cây co thu không lá,cô don,mà bao:" Kia
là mot Utrillo!". Ca hai, deu là hoa si chân dung cái thành pho mà ho da
song,da yêu,da cô don trong hy vong,vào nhung thoi gian và không gian khác
nhau.Thành pho cua ho vua co kính,vua dân da. Ca hai deu có cái ngây tho can dam
là lap di lap lai tram ngàn lan xúc cam hoi hoa cua mình trên cùng mot môtíp
dung yên.Và cu the,ho ve cho toi khi tat tho. Tranh cua Bùi Xuân
Phái có suc manh im lang ky la. Im lang den nín tho,vô toi,cua nhung pho ngo
bình thuong Hà Noi von da dam phong tran.Chúng là tieng nói cua mot tâm hon doc
thoai,duoc thot lên bang cu chi hoi hoa thong thiet,mê cuong,o mot doi nghe
si.Mà trong dó còn giu ca mot cái gì tuoi mát,tre tho. Tôi da
bo lo dip hoi Bùi Xuân Phái xem ông yêu men Utrillo den muc nào.Nhung toi
biet,có mot tình co lich su,là thoi diem Utrillo qua doi(1955),cung chính là khi
Bùi Xuân Phái da do don moi thuong cam mê man vào pho co Hà Noi,mo dau thoi ky
dep nhat cua hoi hoa và cá tính ông.Mot gap go xa xôi nào o mien vô thuc cua nghe
thuat chang ? Lich su my thuat se ghi có mot" thoi ky xám" cua Bùi Xuân
Phái.Cung nhu da ghi có mot "thoi ky trang" cua Utrillo. Mau xám này cua
dá. Cái thoi ky mà nhung manh báo cu,nhung to bìa,mieng toile
nho nhu bàn tay,da uong no mau xám,lang chìm trong tieng doi cua dáy tâm tu.Ðó
là thoi ky Hà Noi Hà Noi nhat,mà Bùi Xuân Phái cung là Bùi Xuân Phái nhat. Hà
Noi có mot cuoc doi máu thit,không nhat thiet phai phô truong,xa xi. Cung nhu
"thoi ky xám" cua Bùi Xuân Phái,có cuoc doi âm tham cua nó,không can hon ho,dua
chen. O dây,Hà Noi khuat sau nhung pho nho,den chùa,Van Mieu,và
nhung cây dai thu lam lì tuoi tác.Hà Noi nhu mot tam bia dá bac pho,dai dau cái
dep nang chìm cua thoi gian,the su. Vào nhung nam cuoi doi,hoi hoa cua ông có
nhe nhàng,linh hoat và tuoi tan hon. Tôi chua thay mot ai yêu Hà
Noi mà không muon có bên mình,hoac mang theo mình,mot Bùi Xuân
Phái.

PHÔ CÔ HÀ
NÔI.

PHÔ MA MÂY.

PHÔ MA MÂY.

PHÔ HÀNG TRE.
PHÔ HÀNG BAC.
Rue HÀNG
BAC.
BUI XUAN PHAI est le
peintre qui a découvert la beauté de la ville ancienne.Pour lui, dessiner la
ville est comparé à une activité normale,probablement sans se passe un jour où
il n'a besoin de la dessiner.Il dessine la ville comme s'il est en grande
conversation avec un ami intime,une conversation sans début ni fin.Il arrive à
saisir la beauté de la ville ancienne lorsqu'il prend son café,lors d'une
promenade solitaire ou, asssi,pensif à coté d'un verre de vin blanc ou
méme,lorsqu'il égrenne péniblement les souvenirs de sa propre vie.Il dessine la
ville sur le papier journal,le bois,le papier du paquet de cigarettes,sur les
boites d'allumettes,sur le tissu des sacs de jutte ou les toiles immaculées.Rue
Hàng bè,Hàng buom,Hàng bac,Nguyen Huu Huan,Ngo Gia Ngu,Ngo Gach se sont invités
sur des centaines de toiles de BUI XUAN PHAI,chaque tableau émeut comme le
destin d'un étre humain,comme une déclaration d'Amour verbale que l'Artiste
réserve à Hà Noi.
La ville ancienne,à
travers les yeux de l'Artiste,est triste et simplissime.La ville de BUI XUAN
PHAI est toujours silencieuse;que cette ville soit de nuit comme de
jour, que cette ville avec le monde,avec les magasins ou seulement
tremblottante sous le pinceau,elle est silencieuse jusqu'à étre
dépeuplée.Un vieux écrivain,une jeune femme pressée jettant un regard par dessus
son épaule par delà une fenétre,quelques personnes dans un magasin de thé sur le
trottoir...c'est cela les "éléments vivants" incapables de réveiller réellement
une ville bercée par un doux réve...Mais à une époque,les toiles de la ville
ancienne de l'Artiste sont considérées comme malvenues.Lors d'une exposition
annuelle de l'Artiste,ses tableaux ont été refusés.Il sait pertinemment le sort
qui lui est réservé mais en temps que membre de l'association,il est obligé d'y
participer.Se sentant triste et humilié à chaque fin d'exposition,il laisse à
BUI THANH PHUONG,son fils,la tache ingrate de récupérer les toiles.De méme,les
tableaux sur le chèo,un trésor inestimable des Beaux-Arts vietnamiens,ont été
également refusés.Malgré cela,il peint dans la sérénité,de façon
indépendante,croyant fermement à son Art.Le peintre BUI THANH PHUONG
dit:"Je l'aime puisqu'il est seul moralement,il ne peut partager ses pensées.Je
suis convaincu qu'il est conscient de son talent,c'est pour cela ,que seul et
courageux,il continue sur la Voie."
En marchant en
plein milieu de Ha Noi,on peut montrer tel coin de rue,les maisons se tenant
serrées,silencieuses,bordées de traits noirs,les toits mal disciplinés,et
quelque part,une ombre traversant la rue ou un cyclo-pousse attendant son client
sous une fenétre sombre et s'écrier:"Cela ressemble à BUI XUAN PHAI".Comme on
peut regarder Montmartre ou la banlieue parisienne,un pan de murs écaillés,une
église léthargique et quelques arbres centenaires effeuillés et dire:"C'est
cela UTRILLO".
Tous deux ont portraitisé
la ville dans laquelle ils ont vécu,aimé,solitaires dans l'espoir,en des
moments et lieux différents.Leurs villes sont anciennes et populaires.Tous les
deux ont la méme naiveté courageuse pour répéter des centaines de milliers de
fois leurs émotions artistiques sur un méme motif immobile.Et ainsi ils peignent
jusqu'au dernier soupir.
Les toiles de BUI XUAN
PHAI ont une force silencieuse incroyable.Silencieuses jusqu'à
l'irrespirable,innocentes,les petites rues simples de Ha Noi pleines de
vicissitudes.Elles représentent les paroles d'une ame soliloque,émises sur le
plan artistique de façon sincère,folle de toute une vie d'artiste.Mais en
dedans,il y reste quelque chose de frais et jeune.
J'ai raté l'occasion de
demander à BUI XUAN PHAI à quel point il aime UTRILLO.Mais je sais que le hasard
est historique puisque c'est lors du décès de UTRILLO(1955) que BUI XUAN PHAI a
jeté tout son amour fou pour les anciennes rues de Ha Noi,début de sa plus belle
période artistique et personnelle.Est-ce une rencontre lointaine et inconsciente
de l'Art?
L'Histoire de l'art
retiendra "une période grise" de BUI XUAN PHAI comme elle a retenu "une période
blanche" d'UTRILLO.
Cette couleur grise de la
pierre.
Cette période où les
papiers de journaux de récupération, les couvertures, les toiles aussi petites
que la surface d'une main,s'imbibent jusqu'à ne plus soif de la couleur grise,
perdue au fond de l'ame.C'était la période où Ha Noi était la première, et BUI
XUAN PHAI était aussi BUI XUAN PHAI premier.
Ha Noi a une vie de souffrance
sans besoin de démonstration.Comme "la période grise" de BUI XUAN PHAI, avec sa
vie silencieuse sans désir de paraitre.
Ici, Ha Noi se cache
derrière ses petites ruelles, pagodes,temple de la littérature et autres arbres
centenaires.Ha Noi comme un stèle de pierre vieilli traversant les
vicissitudes.
Vers la fin de sa vie,
son art devient plus léger, vivant, clair.
Je n'ai jamais vu un
amoureux de Ha Noi sans vouloir posséder ou porter en soi un BUI XUAN
PHAI.
Traducteur:CHAPUIS GERARD
Ô QUAN
CHUONG.



CHÙA
TRÂN QUÔC.
Nêú ai da tùng dat chân tói Hà Nôi,không
thê không môt lân tói tham Hô Tây vì dây là môt trong nhung canh dêp.Doc theo
duòng Thanh Niên, môt bên là Hô Trúc Bach, môt bên là Hô Tây; nàm canh Hô Tây,
có môt ngôi chuà cô nhât cua Viêtnam.Theo tuong trûyèn duoc xây dung vào thòi
Vua Ly Nam Dê,ngôi chuà nây duoc mang tên là chuà TRÂN QUÔC.
Qua bao nam tháng, ngôi chuà vân in
hình trong bóng nuóc Hô Tây nhu thê chúng kíên nhung thang trâm cua lich su
Viêtnam.Hôi còn nho, tôi là hoc sinh truòng Chu Van an, cua sô lôp hoc nhìn sang
là chuà TRÂN QUÔC.Ngày nào cung ngâm nhìn nhu thê môi thú, dep, sâu dêù là tu
nhiên mà có, không cân biêt tói ngûòn góc: dúng là tuôi tre môi dîèu dên và di
thât dê dàng...
Rôì nam tháng xa Hà Nôi, cuôc dòi
vui ích bûòn nhiêù, dáng cay nêm du, và, có thê là le tu nhiên cua con nguòi, khi
tuôi da chín, ngùoi ta thùong hay hoài niêm, tu ru mình bàng nhung quá khú, khi
con nhìn thây khung canh nào dó cung goi cho ta nôi nhó da dîét.Tình cò dot vê
"cô huong" lân này, tôi có duoc búc tranh chuà TRÂN QUÔC cua cô hoa sy Buì Xuân
Phái do môt ngùoi quen nhuong lai.Tôi thât su vui mùng môi ngày nhìn lên búc
tranh; bóng nuóc hô màu xanh lat,nhung ánh mây tráng lang dang bay, công chuà
vân uy nghiêm,ngon tháp rêu phong cô kính, lôí vào chuà hai bên co vân xanh dâm
dà, cây bàng sang dông da trúc hêt lá, xa xa làng Nghi Tâm Quang Bá, noi cung câp
hoa, cây canh cho Hà Nôi ngày têt, thât tho mông...tâm hôn tôi sông lai tuôi
tho...Úòc múôn gíông nhu ngày xua ây, ngôì bên cua sô lôp hoc, tâm mát ngâm
nhìn ngôi chuà mà giò này chi bíêt ngâm nhìn và nhó thuong qua búc tranh cua
nguòi hoa sy tài ba, quá cô...Vang vang có tíéng hát:
" Dù có di bôn phuong tròi, lòng vân nhó vê Hà Nôi"...
A.D.
Pour celui qui a mis les pieds à Hà
Nôi, il ne peut ne pas avoir vu le lac de l'Ouest car ce lieu fait
partie des paysages à visiter.Courant le long de la rue Thanh niên, d'un côté, le lac Trúc Bach, de l'autre, le lac
de
l'Ouest;à côté du lac de l'Ouest, se trouve une pagode la plus ancienne du Vietnam.Selon les transcriptions, la pagode est
construite sous la dynastie de Ly Nam Dê et a comme nom "TRÂN
QUÔC".
Des années passent, la pagode imprime toujours sa silhouette dans l'eau du lac
de l'Ouest comme si elle veut étre le témoin des vicissitudes de l'histoire
du Vietnam.Etant petite, je suis élève de l'école Chu Van An, la fenétre de ma
classe permet une vue vers la pagode TRÂN QUÔC.et tous les jours je regarde
comme si la grâce ou la laideur, naturellement existent, sans
cause ni origine:vraiment pour la jeunesse, les choses arrivent et partent trop
facilement...
Puis les années passent, loin de Hà Nôi, la
vie est plus triste que heureuse tout en traversant tous ses états, et,
peut-étre, est-ce c'est quelque chose de normal chez l'étre humain, lorsqu'on
devient plus mature, on se remémore, se berce avec son passé, et en voyant
certains paysages, les souvenirs deviennent plus lancinants.Lors de ce retour au
pays, fortuitement, j'ai pu acheter le tableau "La pagode TRÂN QUÔC" de Bui
Xuân Phái.Je suis vraiment enchantée chaque jour, à la vue de ce tableau;l'eau
du lac, toujours de couleur verdâtre, les nuages volent paresseusement, le
portique tout autant majestueux, sur le
chemin menant vers la pagode les herbes sont toujours verdoyants, l'arbre Bàng entrant dans l'hiver perdant
son feuillage, au loin le village Nghi Tâm Quang Bá, endroit où
Hà Nôi se fournit en plantes et fleurs pour le Têt, est réellement trop
romantique...Mon âme revoit ma jeunesse...en espérant retourner dans cette vie d'antan,
m'asseoir à côté de la fenétre, le regard porté vers la
pagode que maintenant, je ne peux admirer et me souvenir qu'à travers
le tableau du talentueux peintre décédé...Quelque part s'élève cette voix qui chante en
moi:
"Méme en étant
aux quatre coins du monde, mon âme se tourne vers Hà
Nôi".
Traducteur:CHAPUIS Gérard.
La Pagode
TRÂN QUÔC.
Une pagode balayée pour l'Eternité par les
brises du Lac...
On voit à travers ce tableau un souci
d'ordonnancement,une volonté de construction de la part de BÙI XUÂN PHÁI.Le
chemin tournant à gauche, pour donner plus de profondeur à la toile, divise
diagonalement le tableau dans sa partie basse avant de disparaitre,les branches
de l'arbre dépouillées de toute végétation faisant le reste de cette
partition dans la partie haute.N'obéissant pas à la technique dite
chinoise(terme consacré dans l'Art pictural pour signifier la profondeur de la
toile par rapport à une ligne d'horizon placée très haute),l'artiste choisit un
horizon, pleine de verdure, suspendu "entre ciel et terre" en plein milieu
du tableau:tout n'est ainsi qu' équilibre....Le Maitre pressent que d'autres
questions picturales se posent à lui:ainsi,l'arbre enraciné au sol,donne une
stabilité au paysage alors que la rivière définit incontestablement une
dynamique sereine.La solution trouvée ne le satisfait pas.Il craint une formule
trop facile;il faut dorénavant redonner à ce paysage trop sage parceque trop
maitrisé une énergie nouvelle;il faut alors demander à la couleur de construire
par elle méme la toile; à travers le GRIS
tumultueux,orageux du ciel incontrolable et menaçant plane la plénitude de ce
lieu de prière:le portique de la Pagode TRÂN QUÔC,placé au centre de la toile
comme un principe du YING et du YANG,tient captif notre regard et sépare le
Réel de l'Intemporel tout en permettant d'atteindre une dimension plus que
spirituelle,un appel à l'apaisement de l'Ame,le chemin étant la Voie,lien
ténu permettant à l'Initié de communier avec l'Au-delà...
La fin d'une ancienne route et l'ouverture de la
Voie nouvelle vers le détachement de soi...
N'est-ce pas là une autre manière d'étre peintre impressionniste,tout en
symbolisme avec plein de réalisme?d'étre sur les pas du Maitre d'Aix???
CHAPUIS Gérard.

DÊN VOI PHUC.
Pagode de l'Eléphant
agenouillé.
Phai,grâce à ses questionnements
perpétuels sur l'Art,"s'essaie" à l'impressionisme.Ce tableau,construit
sur trois plans,grand chef d'oeuvre en gestation ou du moins oeuvre de
maturité, ici peint probablement "sur le motif",est de couleur ocre
dominante et son vert feuillage supposent les premières heures chaudes du
climat tropical avec un soleil grandiose qui devrair se lever dans toute sa
splendeur;point besoin de la présence physique de ce dernier pour insuffler de
la chaleur sur la place.Seul le système chromatique propre à l'artiste suffit
pour dicter l'atmosphère.L'éléphant apparemment domestiqué,agenouillé pour
garder l'entrée de la pagode humanise l'endroit.Un paysage à émouvoir et à
ressusciter les plus fatigués.La quiétude du lieu sacré et sa plénitude
rappellent la tristesse des rues de Hà Nôi dont le peintre ne prend pas
possession en conquérant mais plutot en amoureux transi;il a fait de
Hà Nôi,nimbée d'une perfection paradisiaque l'un de ses deux sujets de
prédilection,avec quelque chose de chroniquement dramatique,l'autre véritable
centre de gravité de la création du peintre étant le Chèo,théatre
traditionnel vietnamien.Les couleurs vives de cette toile ne peuvent étre vues
qu'avec les yeux du coeur.
On croirait ainsi,que s'établit une
correspondance muette en écho ,empreinte de respect entre Phái et son
illustre ainé,Paul CEZANNE à quelque sept décennies d'écart.
''Je suis le primitif
d'un Art
nouveau" ne croyait pas si bien dire CEZANNE en début du XXè
siècle;BXP s'est empressé de suivre le pas.
Ainsi,l'Impressionisme est un coin de la nature vu par un
tempérament,quelque soit la couleur de la peau.
CHAPUIS Gérard.
LE
CHÈO
Le chèo est un théâtre
traditionnel des villages du delta du Fleuve Rouge (au Nord du Vietnam). Les
historiens du théâtre vietnamien font remonter ce nom au mot sino-vietnamien
trao, qui existait depuis le Xlll è siècle, sous la dynastie des Trân. Le chèo
évoluait peu à peu au cours du XIVè et du XVè siècle.
Le chèo se jouait dans la cour
spacieuse du dinh, temple consacré au génie tutélaire du village, où se réunissaient les notables
et,àl'occasion de fêtes et de cérémonies,la population du village
entier.Lascène était une simple natte peinte, avec un rideau en bambou
commefond. Les spectateurs s'asseyaient par terre, face aux trois
côtés de lanatte qui restaient libres. Les malles contenant les accessoires dont se
servait chaque acteur,étaient placées contre le rideau en bambou, et servaient en même
tempsde décors,la scène en étant presque dépourvue. Quand les acteurs font le tour complet de la natte,
cela signifie quel'action représentée sur la scène est transportée dans un autre
temps et unautre lieu. Tout est conventionnel et d'une simplicité
extrême.
L'esthétique du chèo reflète à la fois la
représentation du beau et le comportement qu'avait envers lui la communauté paysanne du
NordVietnam depuis des temps immémoriaux. C'est un théâtre des jours de fête aux coloris
folkloriques marqués,combinant la danse, le chant et la musique instrumentale
populaires. Lespièces jouées étaient composées à la façon des récits populaires,et
pou rla plupart du temps, la question de connaître les auteurs ne se
posaitmême pas.
Ce qui faisait la richesse du chèo, c'était surtout
la variété des airschantés (il en comportait plus d'une centaine), raison pour
laquelle on dittoujours hat chèo "chanter le chèo" (au lieu de "jouer le
chèo").
Selon toute probabilité, Bùi Xuân Phâi (1920-1988)
s'était mis àétudier le chèo au début des années soixante, quand il préparait
le décordu Fil de soie d'or de concert avec son auteur Viet Dung et le
metteur enscène Trân Hoat (la première représentation en eut lieu le 10
Octobre1964 à Hanoi). On dirait que l'esthétique simple et nue,
spirituelle et malicieusedes paysans vietnamiens,le langage prosaïque et en même
tempsconventionnel de la
représentàtion, le coloris festoyant du chèo eurent
pour Phâi
l'effet d'une révélation qui lui apporta une sérénité nouvelle
et lui
rendit son équilibre moral. Phâi semblait avoir découvert dans le chèo un
nouveau personnage à peindre en plus des rues de Hanoi qui lui étaient
inséparables. Et dans ce sens, on serait en droit de dire qu'il est le premier
peintre du monde chèo.
Phâi
était à la peinture du chèo ce que Degas (1834-1917) était à celle du théâtre de
ballet français,ou Toulouse-Lautrec (1844-1901) à celle des cafés dansants de
Montmartre, et en particulier du Moulin-Rouge.Mais la différence esthétique qui
le sépare de ces deux maîtres est profonde. Alors que les toiles de
Toulouse-Lautrec sont marquées de traits froids et acérés pointés sur le monde
de plaisirs des citadins élégants de Paris du début du siècle -expressions
inconscientes de l'amertume latente qui pouvait trouver sa source dans la
difformité physique du peintre, tandis que Degas, d'autre part, restait jusqu'au
bout fidèle aux traditions du dessin classique dans la grâce incomparable des
mouvements de ses danseuses saisis au vol dans un éclairage minutieusement
délicat,Bùi Xuân Phâi suivait une voie toute différente.
Le
comportement esthétique de Bùi Xuân Phâi à l'égard de son théâtre chèo est tout
tendresse et affection. Il communiait corps et âme avec cette fête des sons
qu'est le chèo,le coeur battant à son rythme qui est celle de la vie villageoise
du Vietnam, aspirant à y découvrir encore un nouveau coloris de la peinture
nationale. Mais Bùi Xuân Phâi ne racontait pas,comme le faisait le chèo. Il
travaillait à élaborer un langage pictural qui soit capable d'exprimer ce
qu'exprime cet art théâtral.
La
tonalité dominante du chèo -l'humour, le rire qui fusait même dans les
situations les plus tragiques -nous l'entendons nettement chez Phâi dans les
tons rouge vif des joues et des corsages des personnages féminins, tant dào
chinh (héroïnes douces et vertueuses, telle Thi Kinh) que dào lêch (héroïnes
vicieuses ou malicieuses, telle Thi Mâu) -tons presque toujours fugitifs qui,
dans les coulisses, tantôt apparaissent dans l'espace d'un clin d'oeil dans les
reflets indiscrets du petit miroir de maquillage, tantôt s'ouvrent et se fermant
comme un corps humain sur les éventails colorés dans les mains des
personnages.
Des toiles de Bùi Xuân Phâi nous parvient le concert doux et ondoyant des
flûtes, des cordes et des percussions qui émane du jeu des couleurs tranquilles
et profondes,parsemées cependant de taches subites de lumière acidulée qui se
répandent à travers le dialogue intime des couples amoureux. Ici et là
apparaissent des traits d'une netteté dense,dont on dirait qu'ils ne sont mis là
que pour être effacés après.Puis viennent les bouffons (hê) traditionnels -hê
say ("pitres ivres"), hê gay ("pitres au bâton"), lao moc ("vieux moisis") qui
chez Phâi sont toujours en équilibre instable dans leur dessin d'une prodigieuse
virtuosité, toujours d'une cocasserie distraitement feinte et lourde d'allusions
de portée beaucoup plus grande que celles qu'elle semble contenir, recelées
quelque part au plus profond de la teneur de la pièce.
Ces
personnages du chèo, aux yeux de Phâi, sont tous de diverses incarnations de la
condition millénaire du paysan du Delta qui joue le rôle du narrateur chèo,
condition humaine que son langage pictural doit dépeindre comme les conventions
d'une vie harmonieuse qui réconcilie l'envers et l'endroit, les larmes et le
rire, le quotidien et le sublime.
Phâi,
tout comme Degas, tout comme Toulouse-Lautrec, a aperçu et entendu cette
condition non seulement sur la scène, mais au-delà d'elle. Là, dans les
coulisses, se répondent d'une façon émouvante des zones d'ombre et de lumière
dans lesquelles réside la poésie profonde mais légère de la vie qui anime le
chèo. C'est là que Phâi vécut ses instants de sérénité sans bornes, libre de
toute cogitation, instants qui l'amenèrent à tout pénétrer et tout
reconnaître.
La
communion esthétique du chèo et de la peinture du chèo de Bùi Xuân Phâi se
réalise par une virtuose et spirituelle incarnation de la notion de commentaire
chanté qui s'insère de temps à autre dans le déroulement dramatique de la pièce
et qui constitue une partie organique du théâtre chèo -si bien qu'il semblerait
que Phâi y aurait ajouté une sorte de commentaire dans une langue picturale qui
n'appartiendrait qu'à lui seul.
Hanoi, fin de l'année Giâp Tuât du
calendrier lunaire, 1995 Thâi Bâ Vân.
Dich già : CAO XUÂN HAO.

KY HOA CHÈO.
Croquis d'un Opéra
traditionnel.

KY HOA CHÈO.
Croquis d'un Opéra
traditionnel.

KY HOA CHÈO.
Croquis d'un Opéra
traditionnel.

L'étude d'un personnage
en mouvement se traduit par une succession de quatre personnages
peints différemment et de mieux en mieux ce qui donne une impression
de profondeur;la dernière personne étant la mieux "habillée" comme un modèle
s'approchant du public lors d'un show de prét-à-porter...(L'imagination place le
photographe à droite du ponton lors de ce défilé de mode venu tout droit des
pensées secrètes de l'Artiste, le manequin évoluant de gauche à droite et
se pose timidement dans son costume traditionnel vietnamien en bout de
ponton avant de retourner dans le pénombre des coulisses)ou,plus terre à
terre,une comédienne en train de se préparer pour une représentation devant un
public somme tout populaire,un soir, dans la cour d'une pagode de village;tout
simplement un travail d'orfèvre ou de vieux artiste rompu à du"GRAND ART
" .
CHAPUIS Gérard.

TRUÓC GIÒ BIÊU DIÊN.
AVANT LA REPRESENTATION.

TRUÓC GIÒ BIÊU DIÊN.
AVANT LA REPRESENTATION.

TRUÓC GIÒ BIÊU DIÊN.
AVANT LA REPRESENTATION.
Toujours dans les coulisses
d'un théatre traditionnel vietnamien. Le fond "encre de chine" contraste
avec le personnage principal tout de jaune vétu.Celui-ci doit probablement
se trouver en face de l'unique source de lumière de la pièce pourque la couleur
de sa tunique soit aussi vive: encore une manière de choisir la gamme de
chromatique acérée pour prouver la présence d'une source de lumière sans sa
présence physique.Les épaules arrondies trahissent sa détente ou mieux une
complète relaxation et les yeux mi-clos donnent une impression d'immersion en
douceur dans son rôle ou de répétition mentale du texte à jouer sous peu, en
public.
Le personnage féminin tenant un miroir pour
maquillage nous renseigne sur un proche début de représentation et pour bien
insister sur sa disposition spatiale au second plan, l'artiste peintre ne se
géne pas pour dessiner sans vraiment trop insister sur ces traits de
visage.Les mains, couleur brune(contrairement à la main jaune-orangée du
1er personnage) nous confortent dans l'idée que ce personnage
est réellement plongé dans le pénombre des coulisses.
Et ce n'est plus qu'un jeu
d'enfants pour BXP que de suggérer qu'un personnage occupe
le 3è plan puisque les traits du visage ne sont pas du tout
dessinés.
Une autre manière de créer une impression de
profondeur totale sur une si petite surface...avec des couleurs joliment
choisies contraires aux habitudes de l'artiste peintre.
CHAPUIS Gérard.

TRUÓC GIÒ BIÊU DIÊN .
AVANT LA REPRESENTATION.

SÂN KHÂÚ
CHÈO.
LA
REPRESENTATION.

SÂN KHÂÚ
CHÈO.
LA
REPRESENTATION.

BÓNG TÔI HÂU TRUÒNG.
LA PENOMBRE DES
COULISSES.
La scène se passe dans les coulisses;la
toile présente indubitablement une dualité entre ombre et lumière,est en fait
partagée en trois plans successifs:le premier personnage,haut en couleurs,à
l'attitude hautaine,les yeux fixés au loin,bien concentré comme si le
beau rôle est encore bien installé sur ses épaules largement carrées,semble
encore imbibé des feux de la rampe ou de la source de lumière de la
pièce sur sa tunique bleue(la gamme chromatique est bien choisie par
l'artiste pour décrire cet état de fait) .Un personnage féminin se
décoiffant finit par nous renseigner sur une probable fin de représentation d'un
opéra traditionnel vietnamien et un retour à un quotidien des plus banaux.Les
traits du visage de ce personnage féminin,non dessinés volontairement le mettent
au second plan,séparé par un pan de mur rouge vif d'un troisième
personnage désoeuvré,adossé et immobile là,depuis peut-étre longtemps:
l'impression de profondeur est totale
sur une si petite
surface
...Et si la vie n'est qu'un jeu
de role pictural et de scène éphémère???
CHAPUIS
Gérard.

CHÂN DUNG TU HOA.
AUTO-PORTRAIT.
FAUVISME:Volonté de
libérer la couleur des conventions et de représenter le monde réel.Violence
chromatique,émotions exacerbées.

VE DUÓI ÁNH DÈN
DÂU.
(CHÂN DUNG NHÀ GIÁO NGUYÊN BÁ DAM.)
Trong
môi con nguòi chúng ta,có
nhung cam súc khác nhau:có nguòi khi nhìn thây cây lá thay
màu,có nguòi khi
nghe thây tíêng dông hoac mùi huong thom khíên ho nhó lai môt manh dòi khô nhoc hay là môt tuong lai huy
hoàng tu chon nào dó;còn riêng tôi,tôi lai có cam súc khi
duoc nhìn thây môt ánh sáng
"hùyên bî"... Qua búc tranh
"Ông Dam" cua cô Hoa sy BÙI XUÂN PHÁI,dù chi là chân dung cua
môt ông ban già ,tóc diêm suong,màu aó xanh vân dâm dà qua nam
tháng,vói câp mát kính xê xúông trên guong mat hìên hoà,
ánh dèn dâù màu vàng hát lên và bao trùm nhân vât... ...Khíên tôi nhó...Tôi nhó lai nhung nam tháng chíên tranh khóc liêt o dâù thâp
niên 70 tai mìên Bác nuóc Viêt Nam thân thuong.Lúc dó còn nho,tôi miêt mài
thuòng xuyên hoc bài duói hâm,mà ánh sáng là dèn dâù,không du dâù, nên tao ra màu
vàng le loi. Rôì thòi gian
thay dôi,bánh xe lich su quay
tròn,chíên tranh cung qua di,không ai còn dùng dên thú dèn dâù thô so dó nua.Quá
khú da bi dây xa gân nhu dê quên su khác nghiêc cua tao hóa,cung nhu bao
nguòi vì cuôc sông, muu sinh và nhiêù le,nguòi ta tâm quên di Quá khú dó.
Dúng truóc búc chân dung nây, tôi
ngâm ngùi khi cam nhân ràng moi ky úc vê tuôi tho trao
dôì kinh su , dù vui
hay bùôn,tuong da bi mât hoac ích nhiêù phai di theo dòng thòi gian,nhung ky úc
dó da tro vê rào rac trong lòng tôi...
...Không nghò rang cung trong thòi gian dó,o môt dêm cua Hà Nôi tinh mich, có môt ông hoa sy trong buôi
thât thòi dang trao chúôt nhung gam màu thân thoai tao nên ánh sáng ky diêu
tuong chùng nhu dó là môt lòng me Viêt Nam âm cúng, bao la,vi tha, ôm âp môi
nguòi con cua mình,môt cách,môt kiêu,tùy kha nang,tùy trùong hôp mà tu thang
tiên. Phai chang ánh dèn
dâù yêú ót ây da dây công nhiêt tình
giúp tôi hâp thu van hóa dê duoc bíêt rung dông và yêu tranh ngày hôm
nay!!! Phai chang ánh dèn
dâù yêú ót ây da giúp Ông ta tân
tiu,tân tui dê lai cho hâu thê môt báu vât vô gia nây??? Tuc nghu có câu:" Nhò dá thô trao
chúôc mà kim cuong chói sáng muôn ngàn hào quang";có le nhò ánh sáng cua dèn dâù
ây, mà tôi, dù tha huong, da duoc gap lai Quá khú cua tôi quá búc tranh nây.
A.D.
Nous
possédons tout un chacun des émotions différentes, selon que nous voyons changer
de couleurs les feuilles des arbres, que nous entendons certains bruits ou
sentons certains parfums ce qui nous amène à remémorer notre vie de dur labeur
ou inventer un avenir des plus radieux; quant à moi, les émotions me
submergent lorsque j'entrapperçois une lumière "mystérieuse"...
A travers
le tableau "Monsieur Dâm" du peintre BÙI XUÂN
PHÁI, méme si ce n'est que le portrait d'un vieil ami, les
cheveux blanchis par la rosée, le vert de sa chemise toujours bien imprégné malgré
le temps, avec les lunettes tombantes sur un visage compassionnel, la
couleur jaune de la lampe à huile se reflète et recouvre entièrement le
personnage...
...M'oblige à remémorer...A remémorer de ces années de folle guerre en
début des années 70 au Nord de notre Vietnam bien-aimé. A cette époque là, en
étant encore petite, je m'applique à travailler mes cours dans des cachettes
sous-terraines, alors que la lumière provient de la lampe à huile, mal alimentée
jusqu'à nous donner ce jaune blafard.
Puis le
temps s'écoule, la roue de l'histoire tourne, la guerre aussi finit par se
terminer, personne n'utilise plus cette lampe de pétrole rudimentaire.Le passé
est refoulé loin comme si nous voulons oublier la sévérité du
créateur, comme pour beaucoup d'entre nous, à cause de la vie, de la survie et
autres excuses, nous souhaitons oublier momentanément ce passé.
Devant ce portrait, je sens confusément que les souvenirs d'études
et de jeunesse, joyeux ou tristes, les croyant à jamais perdus ou du moins
effacés pour un temps, ces souvenirs m'envahissent tels des vagues...
Je
n'ai jamais su, qu'à cette méme époque, dans une nuit silencieuse de
Hà Nôi , un peintre en perdition, en train de choisir ses gammes de
couleurs magiques pour créer cette lumière sensationnelle comparable à un
amour maternel vietnamien, chaleureux, immense, altruiste, enveloppant de ses bras
tous ses enfants, un à un, chacun à sa manière, à sa façon, selon
ses possibilités, et les circonstances pour progresser.
Est-ce cette faible
lueur de lampe qui m'a aidé intensément et avec zèle à m'imbiber de la
culture, à m'émouvoir et à aimer les toiles aujourd'hui!!!
Est-ce
cette faible lueur de lampe qui l'a aidé à créer avec dévouement et avec
précaution puis laisser à la postérité ce joyaux inestimable???
Un proverbe
dit:"C'est grâce à la pierre vulgaire que le diamant scintille de
ses mille feux".Peut-étre grâce à la lueur de cette lampe, que moi,
méme expatriée, ai pu retrouver mon passé à travers ce
tableau.
TRADUCTEUR:CHAPUIS
Gérard.
A LA LUMIERE D'UNE
LAMPE DE PETROLE...
(Portrait du Professeur d'école NGUYÊN BÁ
DAM.)
En ces temps là,HA NOI,capitale du VIETNAM
du Nord,est sous les bombes américaines.Ni le chappe de plomb de la nuit
noire,ni les
menaces venant du ciel n'ont pu entamer
l'enthousiasme et l'ardeur de BÙI XUÂN PHÁI à "croquer" délicieusement son
ami collectionneur,Mr DAM,en un dessin intimiste et criant de
vérité.Les couleurs chatoyantes dans la magie de la nuit sombre se
mélangent sans complexe à la lueur de cette unique source de
lumière.
Cette
oeuvre, peinte en une nuit de bombardements rejoint assez le travail des
artistes vietnamiens dans la résistance contre les américains où leurs oeuvres
doivent étre terminés à l'instant car le lien entre la vie et la mort est tellement ténu, ne
signifie pas un travail moins sérieux;il dépend de la Confiance en soi et
de l'Expérience.JULES GUERARD,le chasseur de lions,raconte que les jeunes lions
ont au début beaucoup de peine à tuer un boeuf, mais que les vieux lions les
tuent d'un seul coup de patte ou d'une morsure bien placée et qu'ils sont
extraordinairement précis dans ce travail.
Le maitre,peintre méditatif,assidu à
reprendre et à décomposer jusqu'à l'obsession le contour de la
lumière orangée,à montrer la beauté fragile de la vieillesse,à capturer la
concentration interminable du collectionneur, exécute
d'une main experte son oeuvre et arrive à insuffler presque la chaleur de la
lampe;on se croyait à coté de l'artiste et de son ami
collectioneur:un pur moment de bonheur ,un ange est passé...Ce
que nous lègue cette figure de la solitude et de l'exigence est une vie dévorée
par la quéte insatiable de la beauté du Vietnam et de son
secret...EPATANT,ESBROUFANT,RENVERSANT!!!
CHAPUIS
Gérard.

KHOA THÂN.
NU.
Un atelier d'artiste dépouillé, une source de
lumière unique,suggérée mais non représentée(encore une des spécialités de
BXP) à hauteur de l'épaule gauche du modèle en direction du sol suffit
à planter le décor touchant de ce nu peint sur fond orangé.La téte penchée vers
la droite,les cheveux noirs relâchés dans le dos, les yeux mi-clos, les bras
croisés et tenant un linge blanc dénotent le poids des siècles de
tradition confucéenne avec son cortège de timidité. Une vision
intimiste sans aucune connotation sexuelle, toute l'attitude du personnage
n'est que langueur, sensualité artistique, soumission asiatique... le
ventre est rond comme une maternité en devenir...Tant de douceur qu'on se
croirait devant une icône ou une image de Madone...
CHAPUIS
Gérard.

KHOA THÂN.
NU.

KHOA THÂN.
NU.

KHOA THÂN.
NU.

CHÂN DUNG
CON GÁI HOA SI.
Môt ánh dèn truóc mát, trong môt xuong ve don gian cua hoa
si, da làm hòng dôi má cô bé...Hai bính tóc hûyèn ngoan hîèn chay dài
trên bò vai, cap mát lón mo rông nhu môt lòi hòn trách nguòi cha quy quái,
nghîèn ve tranh, doài hoi cô hoc sinh trong chîéc áo tráng, ngôì làm
nguòi mâu sau môt buôi tan truòng.Nhung dôì môì mím lai và dôì tay
khoanh cho thây su giáo duc dúng cách và cung là môt cách nói:"Bô yêu, con
làm vuà lòng Bô vì tình thuong, con hiêu cách Bô yêu nghê thuât, su
cûòn si duy nhât trong dòi..."
TAM DICH:CHAPUIS
GERARD
PORTRAIT DE LA FILLE
DU PEINTRE.
Une lumière bien en
face, dans un atelier d'artiste des plus dépouillés, pour des joues toutes rose;deux
nattes de cheveux noirs sagement dressées, tombant le long des épaules,
les yeux grands ouverts comme pour reprocher à ce satané de père, "drogué"
aux dessins et à la peinture, qui demande encore à la jeune écolière dans
son chemisier blanc de prendre la pose à peine après l'école.Mais la moue appuyée
et les bras croisés trahissent la bonne éducation et c'est aussi pour finalement
dire:" Papa chéri, je te fais plaisir car je t'aime, je comprends ta
manière d'étre tout à l'ART, ton unique passion..."
CHAPUIS
Gérard.
Quelque
soit les lattitudes, les enfants ont toujours été mis en avant par leurs
parents, en l'occurence ici la mère;ainsi, des chansons sur l'amour maternel
foisonnent.BXP n'est pas en reste pour déifier cette relation: l'enfant, lové
dans des bras maternels robustes, est au premier plan; ses traits de visages non
représentés comme pour indiquer une "immaturité physique" et une dépendance
affective certaines. La mère, bien installée au second plan, est là pour
conforter l'adage selon lequel "les parents représentent l'arc et l'enfant, la
flèche...que cette flèche aille le plus loin possible grâce à l'arc".Le chat,
animal de compagnie par excellence, méme au Vietnam, reste bien menu, au fond,
soulignant ainsi la profondeur du tableau...
CHAPUIS
Gérard.

TRUNG THU.
MI-AUTOMNE.

Theo GIA DINH HOA SI , tâm phîéu ky
niêm (Quán café Thîéu Bao) do Bùi Xuân Phái ve nam 1980 là tâm duy nhât còn lai
tai Viêtnam.Ong Trân Thîéu Bao có duoc nhác tói trong bài vîét vê ban thao
tho Hoàng Câm).Sau khi di tù vê, ông Thîéu Bao không có nghê nghiêp dê kîém sóng
nên da mo quán càphê nho o phô Bát Dan.Dê quang cáo cho quán càphê cua mình, ông
ta bèn nhò BXP ve cái thiêp nây.

KHANG DINH VA GIÁM DINH BOI GIA DINH HOA
SI.

THIÊP CUÓI.

THIÊP CUÓI.

2 TÂM THIÊP CUÓI CHÁNH THÚC
CÒN LAI SAU 20 NAM...

CAM
VI.




02.09.2006



HÈ 2007
XIN TÔN
TRONG BAN QÛYÈN.
KHI CÂN SU
DUNG,VÎÉT MAIL QUA:
gerard.chapuis1@worldonline.fr



CHÂN DUNG
CON GÁI HOA SI
BÙI
YÊN LAN.

CHÂN DUNG
NHÀ BÁO LÊ CHÍN

CHÂN DUNG
NHÀ NHÎÉP ANH

CHÂN DUNG HOA SI LÊ
CHÂN


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